Derniers sujets

Du maniement de l'énergie (Solo)
 :: Soul Society :: Rukongai

Alignement : Chaotique Bon
Rang : C
Grade : Nittōhei, Ichibantai
Avatar : Miyamoto Musashi, Fate
Messages : 166
Expérience : 753
Reiryoku : 24600
Date d'inscription : 03/05/2019
Ousuke Reiha
Ousuke Reiha
Mar 21 Mai - 11:00
Note : Ce RP se déroule en réponse aux événements du topic narratif "Au nom du Père".

Le capitaine avait disparu. Ou en tout cas, il se faisait beaucoup moins présent que d'ordinaire, même au niveau spirituel. C'était à se demander s'il n'avait pas délégué son travail au vice-capitaine. Reiha ne s'était pas inquiétée de ce manque d'activité soudain de la part de son supérieur hiérarchique, se disant qu'il devait bien avoir ses raisons. Son avis avait cependant été forcé d'évoluer lorsqu'elle apprit – en se balladant un peu partout dans le Seireitei – que les autres capitaines manquaient aussi à l'appel. Tous les trois en même temps ? Il ne fallait pas être une lumière pour comprendre que quelque chose se déroulait en ce moment même, quelque chose annonçant un événement potentiellement dangereux pour le Gotei.

Curieuse, Reiha partit interroger quelques collègues Shinigami ; comme elle avait pu s'y attendre, beaucoup d'entre eux ne savaient rien ce qui se tramait. Pourtant, certains avaient été capables de témoigner quant au fait que les capitaines s'étaient déplacés pour une réunion aux motifs inconnus avant de ne plus en revenir. Plus de place pour le doute. Il se passait quelque chose. Reiha ne serait pas étonné si les capitaines revenaient soudainement avec un message de la plus haute priorité, soit celui de se préparer une guerre. Cela revenait peut-être à anticiper le pire, mais la jeune femme préférait être prête à faire face à une potentielle menace.

Elle commença par s'assurer qu'aucun ordre ou aucune mission ne lui avait été confiée puis se rendit dans les bureaux du Kyuutei afin de demander la permission de quitter temporairement l'enceinte du Seireitei, non pas pour se rendre dans le monde des humains mais simplement pour partir au Rukongai. Elle fit passer cette demande pour un genre de congé, soulignant qu'elle avait envie de s'y rendre pour visiter les âmes qui composaient sa famille d'antan. Un prétexte simple, certes, mais qui lui permit tout de même d'obtenir gain de cause, à savoir une dérogation pour pouvoir temporairement s'absenter.

S'équipant du strict minimum, la Nittohei partit à la prochaine aube après avoir laissé une lettre justificative aux bureaux, dans le cas où le capitaine revenait en son absence. On la conduisit ensuite à l'extérieur des murs, là où elle avait ensuite été libérée de toute responsabilité. Le changement d'ambiance fut on ne peut plus radical. D'un milieu majoritairement blanc et ordonné, elle venait de débarquer dans un environnement un peu moins soigné, certes, mais tout aussi attirant de part son charme traditionnel et l'ambiance qui y régnait. Certaines âmes, notifiant la présence d'une Shinigami à leurs semblables, la saluèrent. D'autres préférèrent éviter le regard de l'émissaire. Reiha prit le temps de leur répondre d'un petit sourire et d'un bref salut formel alors qu'elle continuait d'avancer au travers des ruelles du Rukongai. De temps en temps, elle s'arrêta pour acheter de l'eau ou du pain à un marchand des environs mais ne traîna pas plus que nécessaire.

Après de longues heures de marche, ce qui pouvait notamment se déduire par la hauteur du soleil dans les cieux, Reiha cessa toute errance et s'arrêta à l'orée d'un bois plutôt dense. Elle y disposa ses quelques réserves de nourriture sur une petite bâche de tissu et s'assit en tailleur à l'ombre de l'épais feuillage d'un grand arbre. La douce brise de ce chaleureux après-midi caressait le visage pâle de la déesse de la mort et soulevait parfois quelques une de ses mèches ; on pouvait même enteindre un ruisseau s'écouler paisiblement à quelques mètres d'ici. Ce paysage, calme et naturel, était parfait pour ce que Reiha s'apprêtait à faire.

Elle détacha son zanpakuto de sa ceinture, le dégaina et en fit doucement reposer la lame sur ses genoux après avoir planté le fourreau devant elle. Jinzen, ou l'art d'atteindre un état serein par l'intermédiaire de la méditation, un état si serein qu'il permettrait au Shinigami de matérialiser sa conscience dans un genre de monde intérieur, là où l'esprit de son zanpakuto l'attendrait pour y converser.

Reiha ferma les yeux, se concentra un moment sur sa respiration et parvînt enfin à atteindre la plénitude qu'elle désirait. Éraflant précautionneusement sa lame du bout des doigts, elle entra en communion avec elle au bout de quelques minutes de plus. Et lorsqu'elle rouvrit les yeux, la Nittohei découvrit un tout autre milieu que le bois auprès duquel elle s'était postée ; un lieu qu'elle avait appris à connaître au fil des méditations. Une plaine verdoyante s'étendant à perte de vue. Pas un arbre, pas un rocher, rien. Aucun relief. Un ciel nocturne et pourtant lumineux illuminait les lieux. La pleine lune et les étoiles en son sein brillaient de mille feux. Cette voûte céleste féerique captivait toujours autant l'attention de Reiha qui ne cessait de se sentir comme une enfant à chaque fois qu'elle levait les yeux.

« Que vient faire ma maîtresse en ces lieux ? lança une voix féminine et mature, alors que Reiha se retourna immédiatement pour en apercevoir la source. Inutile de répondre, ma chère. C'est rhétorique. »

Une femme magnifique s'approcha de la Shinigami, vraisemblablement habituée à ce genre de situations. Ses longs et soyeux cheveux d'ébène reflétaient l'éclat pur de la lune, son magnifique visage avait de somptueux traits trahissant une certaine maturité ainsi qu'une grande expérience, son élégante silhouette svelte et féminine dessinait de parfaites courbes dissimulées derrière un royal habit traditionnel en soie noire et rouge marquant le contraste avec son teint immaculé ; une beauté comme on en voyait qu'une fois dans sa vie. Comme à son habitude, Reiha ne put s'empêcher de ressentir une certaine jalousie. Son interlocutrice était physiquement parfaite.

« Je viens m'entraîner, lui répondit Reiha malgré la précision.
Pour une fois, je ne mentais pas. Ma question était vraiment rhétorique. N'oublie pas que je suis une partie de ton âme, désormais.
Ne commence pas à être honnête, Shokkou. Tu es la seule capable de mentir sans que ça ne me dérange, et je préférerais que ça reste ainsi.
Comme toujours, tu es bien compliquée. »

Les deux femmes s'échangèrent un sourire avant de faire quelques pas l'une vers l'autre. Reiha en particulier disposa sa main sur la garde de son zanpakuto, prête à dégainer. La dernière fois qu'elle était venue ici, Shokkou l'a soudainement attaquée soi-disant pour tester ses réflexes. La Shinigami se prépara à pouvoir contrer une nouvelle attaque surprise. Mais alors que l'espace entre elle et l'esprit de son arme continuait de se réduire, Shokkou ne montra pas le moindre signe d'animosité. Et, une fois que les deux âmes présentes furent proches l'une de l'autre, celle du sabre posa une main sur l'épaule droite de la Nittohei.

« Allons, Reiha. Tout ne se résume pas à la violence. »

Sur ces mots, elle ôta sa main de l'épaule de sa protégée. À la place de celle-ci se trouvait désormais un papillon blanc recouvert d'un délicat duvet. Un bombyx mori. Reiha tendit doucement un doigt vers le papillon pour le recueillir et prit le temps de l'observer, y ayant décelé une énigme posée par sa soeur d'arme.

« Je suppose que tu ne comptes pas m'en expliquer la signification.
Bien sûr que si. Pourquoi te laisserais-je dans le flou ?
C'est bien ce que je me disais. Merci de ta précieuse aide.
Ne tire pas la tête ou tu n'auras jamais des traits aussi magnifiques que les miens. Je peux au moins te donner un indice.
Quel est-il ?
L'énergie. »

La Shinigami n'eût pas besoin d'un mot de plus. Toujours en observant le papillon sur son doigt, elle sembla se concentrer l'espace d'un instant. La petite bête agita ses ailes et pondit un petit oeuf, lequel avait éclos dans la seconde, laissant place à un petit ver blanc se baladant dans le creux de la main de Reiha.

« Mais encore ? Que suis-je censée faire de ce ver à soie ? »

Ne répondant pas immédiatement, la belle Shokkou se dévêtit de son kimono, le tenant à présent dans une seule main, et le lâcha aussitôt. Le somptueux habit, s'envolant au gré de la brise nocturne, se désintégra littéralement en une pluie de poussière lumineuse. L'esprit nu dévisagea la Shinigami, une expression moqueuse naissant sur son visage, avant de lui donner les instructions suivantes.

« Tisse-moi un nouvel habit.
... eh ? »

Un entraînement intensif, hein ?

_________________
Alignement : Chaotique Bon
Rang : C
Grade : Nittōhei, Ichibantai
Avatar : Miyamoto Musashi, Fate
Messages : 166
Expérience : 753
Reiryoku : 24600
Date d'inscription : 03/05/2019
Ousuke Reiha
Ousuke Reiha
Mar 21 Mai - 16:00

Lui tisser un nouvel habit ? Et puis quoi encore ? Reiha était venue ici spécialisement pour s'entraîner et non pas pour devenir l'esclave de son propre zanpakuto. Ses poumons se gonflèrent d'air puis se vidèrent deux secondes après dans un long et exaspéré soupir. La Shinigami ne savait plus où donner de la tête ni même quoi répondre tant les insultes qui lui venaient à l'esprit furent nombreuses. Elle n'en lâche cependant pas la moindre, se contentant de regarder sa partenaire droit dans les yeux – à défaut de pouvoir regarder ailleurs sous peine de complexer dans la seconde – avec une mine abattue, l'air de lui dire "je suis pas ton larbin, débrouille-toi". À vrai dire, Shokkou n'avait pas eu besoin de ce dernier regard pour comprendre ce que pensait sa maîtresse. C'est pour cela qu'elle lui répondit afin de soulever le moindre sous-entendu.

« Insuffle ton reiatsu dans ce ver, comme tu l'as fait avec le bombyx mori. »

D'abord sceptique, Reiha arqua un sourcil. Elle capitula cependant après un court instant de réflexion et guida le papillon jusqu'à son épaule pour pouvoir se concentrer pleinement sur la petite chenille. Une petite gerbe d'énergie spirituelle entoura l'insecte qui se mit à produire un fin fil blanc plus vite qu'il ne le devrait. Un centimètre, puis deux, trois, quatre... pas cinq. Il n'y eût pas de cinquième centimètre puisque le fil en cours de production se cassa et voleta jusqu'à l'herbe verdoyante dans laquelle il se perdit.

« Tu ne m'as pas prise au sérieux, Reiha. Je ne me suis pas moquée de toi. Me confectionner une tenue sera ton entraînement. Tu viens de le constater de tes propres yeux. Si ta maîtrise n'est pas parfaite, alors le fil ne sera pas consistant. Reste l'unique maîtresse de tes émotions, contrôle ton reiatsu et tisse le plus bel habit auquel tu puisses penser.
Cesse d'omettre des détails, Shokkou. Je sais très bien que tu ne porteras jamais une tenue intégralement blanche. Qu'est-ce que je dois faire pour obtenir un fil de couleur ?
Je ne sais pas. C'est ton monde, pas le mien.
Merci de ta précieuse aide, comme toujours, conclut Reiha sur un ton sarcastique. »

Bien que sur sa faim en terme d'indices, la Nittohei pensait avoir trouvé la solution et était sur le point de confirmer sa théorie. Recentrant son attention sur le petit ver à soi, elle l'encouragea de nouveau à sécréter son fil, mais en distrayant en partie son esprit en pensant à quelque chose de chose d'autre. Actuellement, la Shinigami avait choisi de se remémorer un certain événement de son passé, un fait capable de lui arracher des larmes. Elle voyait tout ; la silhouette de cet homme, ses lèvres qui bougeaient pour articuler des mots, et surtout elle-même, plus jeune et en pleurs face à cette personne. Encore aujourd'hui, Reiha se rappelait clairement des mots du mystérieux individu. "T'es trop naïve, ma pauvre. Comment t'as pu réellement croire que je t'aimais ? Me fais pas rire, je voulais juste la barraque de ton vieux. Et maintenant qu'il est déjà six pieds sous terre, elle est à nous. Ou plutôt à moi." Ca faisait toujours aussi mal. La respiration de la torturée s'alourdit et se ralentit, sa voix tremblotante ne se faisait même plus entendre de Shokkou qui était pourtant très proche. Et, cette fois-ci, le fil produit par le ver était d'un bleu profond. "Reste l'unique maîtresse de tes émotions", "c'est ton monde" ; deux gros indices révélés par Shokkou auxquels la jeune femme n'aurait pas fait attention si elle n'était pas aussi complice avec son arme.

« J'ai compris, bégaie-t-elle alors qu'un sourire vient petit à petit balayer sa tristesse. On pouvait d'ailleurs remarquer qu'à ce moment, le fil tissé devenait de plus en plus jaune. Je vais te confectionner le plus beau des kimonos, tu as ma parole. »

Satisfait, l'esprit du zanpakuto esquissa un sourire et contourna sa propriétaire pour passer dans son dos. Elle l'encercla alors de ses bras, la rapprochant doucement contre elle, et lui offrit une étreinte maternelle. Les mains de Shokkou glissèrent le long des bras de Reiha pour se saisir des siennes, les caresser et y faire apparaître une aiguille à coudre ainsi que quelques bobines inutilisées et prêtes à l'emploi. Enfin, elle laissa quelques mots dans le creux de l'oreille de sa maîtresse.

« Et bien sûr, je veux que tu n'utilises que du bleu. J'adore te voir dans cet état.
Arrête de mentir, Shokkou. Je peux le sentir.
J'en suis consciente. »

Un petit rire s'échappa des lèvres de Reiha alors que sa partenaire s'éloigna enfin après lui avoir confié tout le matériel nécessaire. Il était temps de s'y mettre ! La jeune femme se posa confortablement sur l'herbe, conserva l'aiguille dans une main et le ver à soie dans l'autre. En se concentrant, elle insuffla de nouveau son reiatsu dans la petite bête pour qu'elle produise son fil. Le plus dur fut de faire changer correctement ses émotions. Une seule erreur et le fil n'était plus uni en terme de couleur. Reiha fut obligée de recommencer plusieurs fois avant de remplir sa première bobine. L'inconsciente n'avait pas commencé par la couleur la plus facile ; le noir. Il était symbole de crainte, de doute. Il lui fallait affronter ses peurs et rester calme face à celles-ci pour que le fil soit d'un noir parfait. Nombreuses furent les tentatives. Mais avec beaucoup de persévérance, elle y parvînt finalement et compléta sa première bobine. Après ce premier accomplissement, le reste n'allait en être que facilité.

Reiha poursuivit sur sa lancée, préparant quelques bobines noires de plus puisque ce fil allait être le plus utilisé. Elle s'attaqua ensuite au rouge, soit à l'amour. Cette couleur-ci fut également difficile à produire puisqu'il lui fallait repenser à cette personne à la source de son bleu de tout à l'heure. Si la tristesse prenait le pas sur l'heureux sentiment passionné, alors le fil n'allait plus être rouge mais violet ou bleu dans le pire des cas. Or, Reiha ne voulait pas de ces couleurs-ci pour le moment. Sa quête du rouge parfait fut ainsi placée sous le signe d'une difficulté aussi éprouvante que pour le noir. Enfin, elle eût besoin d'un jaune à l'effet doré. Ironiquement, celui-ci fut beaucoup plus facile à produire. Il lui suffisait de regarder Shokkou pour qu'un grand sourire s'empare de ses lèvres, pour qu'une chaleur maternelle réchauffe son coeur et l'aide à produire ce jaune éclatant. Et lorsqu'elle eût enfin terminé de recouvrir les bobines, Reiha se laissa tomber en arrière, épuisée. En l'espace d'un instant, le petit ver dans sa main s'était métamorphosé jusqu'au stade de papillon et s'envola en compagnie de son parent qui l'avait attendu jusque-là.

« Dire que je n'ai même pas encore commencé à coudre... »

_________________
Alignement : Chaotique Bon
Rang : C
Grade : Nittōhei, Ichibantai
Avatar : Miyamoto Musashi, Fate
Messages : 166
Expérience : 753
Reiryoku : 24600
Date d'inscription : 03/05/2019
Ousuke Reiha
Ousuke Reiha
Mer 22 Mai - 8:00

Éreintée, Reiha finit par s'endormir et sortir ainsi temporairement de son monde intérieur. Posée contre l'arbre qu'elle avait choisi hier pour méditer, elle se laissa emporter par les agréables caresses de Morphée dès l'instant où elle prit conscience de sa situation actuelle. Un repos bien mérité ! Créer tous ces fils l'avait véritablement épuisée, notamment à cause de la concentration requise pour que le fil soit d'une unique couleur pure. Qui aurait cru qu'elle repousserait ses limites ainsi ?

Ce fut le doux chant des oiseaux annonçant l'aube qui réveilla la Shinigami. Elle ouvrit doucement les yeux et sentit un léger poids quitter son épaule. Un battement d'ailes plus tard, le seul volatile ayant eu le courage de l'approcher s'était enfui en remarquant la soudaine activité de son perchoir. Pressée de reprendre l'entraînement, Reiha se rua sur son pain emballé et le libéra un instant pour pouvoir de sustanter. Elle en avait bien besoin puisque manger était un bon moyen de restaurer l'énergie spirituelle perdue. C'était d'ailleurs un moyen de reconnaître les âmes prédisposées à l'utilisation de cette énergie ; la faim. Les autres âmes n'avaient guère besoin de manger, seulement de boire. Pourtant, la jeune femme n'avait jamais pu s'empêcher de se dire que certains instincts devaient subsister, ou même l'envie de goûter juste pour la saveur. C'est pourquoi, juste après avoir terminé de déjeuner, elle laissa une petite portion de son pain en dehors de l'emballage. Elle l'émietta pour en facilité la prise et adressa un petit sourire à l'oiseau qui ne s'était vraisemblablement pas tant éloigné ; il trônait sur un arbrisseau proche et convoitait le pain du regard.

Suite à ce petit acte altruiste envers une autre âme, Reiha ferma les yeux et se concentra jusqu'à ce qu'elle soit en mesure d'atteindre une nouvelle fois le Jinzen. Habituée et régénérée, elle n'eût pas besoin d'autant de temps que la dernière fois et vit sa conscience réapparaître au beau milieu de la plaine nocturne où Shokkou l'attendait certainement depuis un moment. Les deux femmes s'échangèrent un sourire ainsi qu'un petit hochement de tête, puis la Shinigami partit retrouver ses bobines de fil et son aiguille que son zanpakuto avait pris soin de garder en son absence.

« Tu as cédé une partie de ton repas à cet oiseau. Es-tu sûre de pouvoir tenir ? lui demanda Shokkou.
Ne t'en fais pas pour moi. Je vais bien !
Lui aussi va bien. Il n'est même pas conscient de ce qu'est l'énergie spirituelle ; il n'avait pas besoin de manger.
Il ne ressent pas la faim, certes, mais son instinct subsiste, même ici.
Mais pourquoi lui avoir tant cédé ?
As-tu déjà vu un si petit oiseau vivre seul ? Il doit bien avoir sa famille, quelque part. »

L'esprit du sabre finit par capituler. Pendant ce temps, Reiha prit place et se saisit d'une bobine de fil noir. Elle lia cette dernière à l'aiguille et s'apprêta à coudre avant de se rendre compte d'un détail ; elle ne savait pas coudre. Une grimace s'empara de son visage, une grimace douce amère qui arracha un petit rire à Shokkou qui s'y attendait vraisemblablement. Comment faire ? La Nittohei leva les yeux vers sa tutrice avec un air totalement perdu et abattu, ayant visiblement l'intention de demander quelques conseils. L'esprit, bien qu'hilare, s'était aussi attendu à ce genre de comportement de la part de sa maîtresse et lui répondit en conséquences.

« Aux dernières nouvelles, il s'agit toujours de ton monde. Mieux encore, ces fils sont faits de ta propre énergie. Ce n'est pas qu'un simple test d'adresse ; tu n'aurais jamais réussi une telle épreuve et j'en suis consciente. Encore une fois, ton aptitude à contrôler ton énergie est mise à l'épreuve. Crois-moi, tu passeras bien plus de temps à à consolider ces fils qu'à te piquer les doigts. Et pourtant, le Roi des Âmes lui-même sait à quel point tu vas percer chaque pore de ta peau.
Je ne suis pas si maladroite ! répliqua la jeune femme faussement vexée.
Effectivement. J'admire tes progrès dans ce domaine.
Arrête de te moquer de moi. »

Nouveau petit rire. Après ce court échange, Reiha paraissait un peu plus sûre d'elle, comme si elle avait compris où son zanpakuto voulait en venir. Et c'était le cas. Se saisissant de l'aiguille, elle commença à filer une base ne ressemblant pas à grand chose. C'est uniquement en se concentrant et en redressant correctement les fils qu'elle parvînt à tisser une base décente, non pas sans se piquer les doigts une ou deux fois. Comme elle avait pu s'y attendre, ces fils faits de sa propre énergie pouvaient être sommairement bougés par une nouvelle injection d'énergie spirituelle. Considérait-on cela comme de la triche ? Dans des circonstances réelles, ça l'aurait été. Mais ici, non. Reiha avait besoin de cette astuce pour combler ses lacunes en couture, auquel cas elle ne ferait que se vider de son sang petit à petit à force de faire subir de mauvaises séances d'acupuncture à ses mains. Les dommages infligés à celles-ci se répercutaient d'ailleurs sur son corps en méditation ; le gros inconvénient du Jinzen.

Peinant parfois à synchroniser ses impulsions d'énergie avec l'onde dégagée par les fils, Reiha n'obtînt pas systématiquement la forme souhaitée et dût recommencer un bon nombre de fois avant d'avoir ne serait que le patron d'une seule et unique manche du kimono. Même si ça ne ressemblait pas à grand chose pour le moment, cette oeuvre présentait au moins un avantage incontestable par rapport à une pièce traditionnelle. Grâce aux miracles du reiatsu, Reiha était en mesure d'appliquer la logique d'un dessin à une couture. Entre autre, il lui était possible de tracer les contours en premier lieu et de remplir ensuite, là où elle aurait été obligée de coudre normalement si les fils n'étaient pas faits de sa propre énergie. En voilà un avantage considérable !

Pourtant, malgré cet avantage, il lui fallut beaucoup de temps avant qu'elle ne termine de tisser ne serait-ce que les contours. Insuffler son énergie dans les fils était bien plus dur qu'il n'y paraît puisqu'il fallait gérer à la fois le montant et sa localisation afin de courber le fil au bon endroit. Une seule erreur et c'était toute une longueur qui partait à la poubelle, car il n'était pas possible d'injecter une nouvelle fois du reiatsu à l'intérieur d'un fil déjà formé et maîtrisé au risque de le dissoudre par surcharge. C'est pour ça qu'après un long moment, Shokkou n'était même plus en mesure de compter le nombre de centimètres brûlés par Reiha, ni même le nombre de fois où la Shinigami s'est effectivement piqué les doigts. Et pourtant, elle continuait de tisser sans abandonner sous le regard amusé mais maternel de l'esprit de son zanpakuto.

Une fois le patron terminé, Reiha souffla un grand coup et lâcha tout ce qu'elle avait en mains, ces dernières étant meurtries par les nombreux échecs de la tisseuse du dimanche. Mais au delà de toute douleur, c'est plutôt de l'épuisement que ressentit la demoiselle une fois sa concentration partie en vacances. Comme l'avait dit Shokkou auparavant, Reiha avait effectivement passé bien plus de temps à gérer ses flux d'énergie pour accorder les bonnes propriétés aux fils plutôt qu'à se faire du mal. Bien trop prise dans son oeuvre, elle ne s'était même pas rendue compte de la petite douleur qui poussait ses doigts à trembler. De toute manière, ces blessures s'envoleront sous peu ; elles n'étaient pas un réel problème, contrairement à la tâche encore plus ardue qui l'attendait.

« C'était long... Mais bon, j'ai plutôt bien réussi mon coup. On se revoit plus tard, Shokkou. J'ai besoin d'aller recharger mes batteries. »

Avant même que l'esprit ne puisse répondre, la conscience de Reiha s'était déjà envolée pour retourner dans le monde réel. Elle ouvrit doucement les yeux, constatant à sa grande surprise qu'il faisait encore jour. Plus important encore : toutes les miettes de pain laissées pour l'oiseau n'étaient plus là, ce qui lui arracha un petit sourire. C'est sur ce doux réconfort qu'elle s'affaira à manger une nouvelle portion de son pain pour se préparer à la dernière tâche qui l'attendait.

_________________
Alignement : Chaotique Bon
Rang : C
Grade : Nittōhei, Ichibantai
Avatar : Miyamoto Musashi, Fate
Messages : 166
Expérience : 753
Reiryoku : 24600
Date d'inscription : 03/05/2019
Ousuke Reiha
Ousuke Reiha
Jeu 23 Mai - 9:00

Manger était en soi facile. Tenir le pain avec des mains aussi meurtries, par contre... Eh oui ! Les aiguilles faisaient des ravages, surtout entre les mains d'une personne aussi peu adroite que Reiha. Un repas n'allait certainement pas l'aider à s'en remettre, ou en tout cas pas aussi rapidement que la Shinigami le souhaitait. C'est pourquoi elle se dirigea vers le ruisseau proche une fois l'estomac rempli. En plus de s'y désaltérer, elle put y plonger ses mains à l'intérieur afin d'éviter les risques d'infection. On est jamais trop prudent. Il n'empêche que l'eau fraîche en contact avec ses petites plaies qui arracha une grimace. Ce n'était pourtant qu'un petit prix à payer pour pouvoir poursuivre son entraînement.

Peu de temps après, Reiha retira enfin ses mains du cours d'eau et retourna se poser au pied de l'arbre où elle avait effectué ses deux précédents Jinzen afin d'entamer une troisième tentative. Encore une fois, celle-ci fut plus rapide et maîtrisée que ses précédents. À force de s'y plonger et d'en ressortir, Reiha n'avait plus aucun mal pénétrer dans son monde intérieur à sa guise. Elle savait bien que c'était la tâche la plus aisée de cet entraînement et ne comptait en aucun cas prendre la grosse tête pour l'avoir réussie. Bien au contraire, elle se mit à bloquer un instant sur le fait qu'il lui avait peut-être fallu un peu trop de temps pour atteindre un état suffisamment serein lors de sa première méditation. Elle cessa cependant de divaguer lorsque l'esprit de son zanpakuto l'accueillit par un salut auquel elle répondit chaleureusement.

« Es-tu prête à reprendre l'entraînement, Reiha ?
Je suis venue pour ça. Allons-y. »

Shokkou apporta tout le matériel nécessaire qu'elle avait conservé en attendant le retour de sa maîtresse. Même pas une minute plus tard, Reiha était déjà en train de se concentrer pour poursuivre son travail. Elle remarqua cependant que le fil n'adhérait pas au patron comme elle l'aurait souhaité. Une énergie trop instable ? Trop faible ? Trop forte ? Elle resta un moment bloquée sur la question et leva par réflexes les yeux vers Shokkou. Cette dernière, d'un simple geste de la main, fit comprendre à la Shinigami qu'elle était livrée à elle-même pour cette nouvelle épreuve.

Retournant le problème sous tous les aspects, Reiha chercha une solution pendant de longues minutes, si ce ne fut pas pendant quelques heures même ! Pourtant, la solution était juste sous son nez, si bien qu'elle ne put s'empêcher de porter une main à son front dans un merveilleux facepalm lorsqu'elle trouva finalement la solution.

L'air de rien, la Nittohei retira son kosode pour finir dans un état presque aussi naturel que celui de l'esprit nu au regard amusé. Pendant un long moment, Reiha observa son propre habit et le retourna sous tous ses angles comme pour en analyser la composition. Et, pour confirmer sa théorie, elle arracha un bout de la manche de son habit et lâcha le petit bout de tissu pour qu'il s'envole au gré de la brise nocturne. Après quoi, Reiha passa un long moment à appliquer ses bases médiocres en kaido sur ses petites plaies aux mains et patienta – autant dire qu'elle attendit relativement longtemps compte tenu de son niveau dans le domaine médical. Puis, après de longue minute à observer l'habit, la manche de celui-ci commença doucement à se régénérer.

« Tu as donc compris ? demanda Shokkou.
Oui. Les fils sont faits de ma propre énergie. Néanmoins, j'ai besoin de la tienne pour que le tout adhère, car c'est ton habit. Or, j'ai lu que l'habit d'un Shinigami était intimement lié à l'état de son propriétaire, et j'ai voulu confirmer cette théorie. Après avoir fait ce que j'ai pu pour mes plaies, j'ai pu voir que c'était le cas.
C'est avec plaisir que je te prêterai main forte.
Je sais très bien que c'est faux. Si ce n'était pas un entraînement, peut-être que tu l'aurais fait. Mais là, je sais que tu mens, encore. De toute manière, j'ai déjà résolu le problème par moi-même. Je sais comment remédier au fait que tu ne m'aides pas. »

Qu'elle est intelligente, cette petite. Oui, je dois l'avouer. Mais elle ne le serait pas sans le niveau de culture Bleach de son narrateur, ahah ! Ah.. ah. Ahem, passons. Reiha, à présent plongée dans ce qu'on appelle la zone, était plus concentrée que jamais, et ça se voyait à son expression sérieuse. Cette expression, bien qu'agréable à regarder, ne tarda pas à faire contraste avec la suite des événements. Elle dégaina son zanpakuto, le planta dans le sol et fit passer l'une des manches du patron au travers de la lame. De cette façon, la base pourra s'imprégner de l'aura de Shokkou en permanence. Mais la suite, elle, était bien plus ridicule. N'ayant ni bout de bois ni roche pour tenir l'autre extrémité du patron, Reiha ne trouva rien de mieux que de créer un genre de sèche-linge du pauvre en plantant également son fourreau dans le sol et y accrochant l'autre manche. Évidemment, Shokkou laissa échapper un petit rire face au ridicule de la situation.

« On ne se moque pas ! Je fais ce que je peux. »

Si si, Reiha, on se moque. Quoi qu'il en soit, la tisseuse du dimanche fut enfin en mesure de coudre les fils à l'intérieur de la base. Au fil de son avancée, elle pouvait sentir le reiatsu de Shokkou imprégner chaque fibre non seulement pour les faire adhérer entre eux mais aussi pour leur donner un nouvel éclat ; un Shinigami ne brille pas seul mais avec son zanpakuto. Il allait en être de même pour ce fabuleux kimono.

Ce ne fut que l'affaire de nouvelles heures avant que la Nittohei, épuisée, s'effondra à même le sol dans un profond sommeil, sa conscience quittant ainsi ce lieu si paisible. Et, lorsqu'elle ouvrit les yeux, elle se retrouvait de nouveau à l'orée du bois, avec son sabre sur les genoux. Elle bailla, s'étira et contempla le doux réflet de l'aube à l'horizon avant de réaliser qu'elle s'était assoupie.

« Et merde ! »

Tiens. Ce n'est pas souvent qu'elle jure de façon si familière. Je vous propose d'en profite. "Merde". "Merde". "Merde". Ok, c'est assez. Back to the story, plus précisément au moment où la Shinigami rentre de nouveau en méditation pour pénétrer dans son monde intérieur. Stressée, elle chercha ensuite son travail du regard, ne le trouvant pas. Oh non. Ca n'avait quand même pas disparu ? En y réfléchissant, c'était fort probable. Si elle s'était endormie, alors elle avait perdu tout contrôler sur son énergie en une fraction de seconde. Non, non, non. Elle commença à paniquer et stresser rien qu'à l'idée de devoir tout recommencer.

« Bouh, lâcha une voix bien connue, dans le dos de la Shinigami qui se retourna immédiatement.
Shokkou ! Où est-il ? Où est passé le ki-... »

Grand. Soupir. De. Soulagement. Reiha se laissa tomber en arrière, hilare, dès l'instant où ses yeux se posèrent sur l'habit que l'esprit de son zanpakuto portait ; un somptueux kimono de soie noire à motifs shinto rouges et orné de quelques dorures çà et là.

« Calme-toi. Il est terminé.
J'ai.. réussi ?
Oui. Tu as tout fait comme une grande.
Je ne te crois pas. Où est l'embrouille ? Dis-moi, Shokkou.
Hm. Très bien. J'ai eu pitié dès l'instant où tu t'es endormie. Je n'avais pas envie de te voir tout recommencer. Crois-le ou non, j'ai mes occupations. T'entraîner me prend aussi du temps.
Et...? N'omets aucun détail. Absolument aucun.
Et les motifs que tu étais en train de faire étaient laids. Tu n'as quand même pas cru que je l'allais porter ça, ma chérie ? Je me suis chargée des finitions pour toi.
Pourquoi ? Ce n'est pas censé être mon entraînement ?
Voyons. Ton entraînement était terminé dès l'instant où tu as trouvé la solution à la dernière énigme. Si je n'ai rien dit, c'est juste que j'avais envie de te voir galérer un peu.
Très bien. Je te crois. Mais je te déteste tout de même. »

Sur ces mots, Reiha sourit malgré tout. C'est vrai ça ; comment est-ce que quelqu'un d'aussi maladroit qu'elle aurait pu concevoir un habit d'aussi bonne facture, même à l'aide de l'énergie spirituelle ? C'était tout bonnement impossible. Quoi qu'il en soit, l'esprit s'approcha de sa maîtresse pour lui adresser une étreinte maternelle.

« C'est ton troisième mensonge, Reiha. En toute une vie, tu ne m'as menti que trois fois.
Ce n'est pas grave, je gagne. Après tout, tu as été honnête envers moi bien plus de fois.
Tu as raison. J'admets ma défaite. Quant à ta fois, envole-toi. Tu n'as plus rien à faire ici. Il serait fâcheux que tu traînes plus que nécessaire, surtout si ton capitaine venait à revenir de je ne sais quelle occupation.
Oui, c'est vrai. Au revoir, Shokkou. »

Une dernière étreinte plus tard, la conscience de Reiha quitta définitivement ce monde nocturne et reposant. Pour cette fois-ci, en tout cas.

_________________
Contenu sponsorisé
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum

 :: Soul Society :: Rukongai
Du maniement de l'énergie (Solo)

Sauter vers: